Les escarres

                                                           le 19/11/2007

 

Les escarres

Définition :

C’est une lésion cutanée d’origine ischémique, liée à une compression des tissus mous entre les saillies osseuses internes et le plan dur du support sur lequel repose le sujet. Lésion de l’intérieur vers l’extérieur.

Prévalence

En France, 8.6% des personnes hospitalisées présentent une escarre.

Incidence

En France, 4.3% des patients hospitalisés développent une escarre.

Le mécanisme

L’ischémie apparait quand :

La compression exercée sur les tissus est supérieure à la pression de perfusion des capillaires, elle se développe en quelques heures.

Le cisaillement : c’est une pression exercée obliquement qui entraîne l’ischémie (personne assise ou couchée).

Les facteurs de risques

L’immobilisation : elle favorise la compression des tissus de façon prolongée.

La macération : l’humidité permanente va favorisée la macération, soit par l’incontinence, soit par la transpiration.

La dénutrition : elle provoque une diminution de la masse des muscles et des graisses qui protègent les vaisseaux.

La diminution de la pression artérielle 

Certaines pathologies qui vont altérer les vaisseaux sanguins (HTA, diabète, artérite, diminution de l’oxygénation du sang, hypotension artérielle, insuffisance cardiaque)

Les drogues vasomotrices : adrénaline ou noradrénaline

Les troubles de la sensibilité : paresthésie, paralysie, troubles neurologiques, blessés médullaires, patients diabétiques. Le patient ne sent plus la douleur et l’empêche de bouger.

Les troubles de la mobilité : dépression, neuroleptique,…

La déshydratation

Pour évaluer le risque d’escarre

Stade 0 : phase d’alerte, c’est une rougeur blanchissant sous la pression digitale et qui se recolore en quelques secondes (lésion réversible).

Stade 1 : c’est une rougeur persistante sur une peau intacte, ne blanchissant pas à la pression digitale et persistante plus de 24 heures (escarre constituée).

Stade 2 : il y a une perte de substance concernant une partie de l’épaisseur de la peau (épiderme + derme) se présentant cliniquement sous forme d’abrasion, phlyctène, ulcération superficielle.

Stade 3 : c’est une perte de substance concernant toute l’épaisseur de la peau, impliquant l’épiderme, le derme et les tissus sous cutanés avec possibilité de nécrose sèche ou humide +/- formation de fibrine.

Stade 4 : c’est une perte de substance très délabrante, dépassant l’aponévrose musculaire, pouvant atteindre les structures profondes telles que les muscles, les os, les tendons, les articulations. La différence entre le stade 3 et le stade 4, c’est la profondeur. C’est très douloureux aux stades de 1 à 3 et parfois insensible au stade 4.

La localisation

·        Dans des zones de protubérances osseuses :

·        Sacrum, ischions (position assise)

·        Sacrum, occiput (notamment chez les bébés), trochanter (couché latéral à 90°), talons.

·        40% sacrum, 40% talons, 20% autres.

La prévention

Evaluation de l’état général du patient par l’IDE et évaluation des facteurs de risque, pour identifier les patients à risque.

Mise en décharge

·        Réduction de l’intensité de l’appui.

·        Réduction de la durée de l’appui.

L’effleurage

L’hygiène

L’hydratation

La lutte contre la dénutrition

La mise en décharge

Sur l’escarre ne rien mettre et surtout pas le patient. Réduction de l’intensité de l’appui en utilisant des supports anti-escarres (matelas, coussins, sur matelas) pour répartir l’intensité de l’appui.

L’utilisation de ces matelas n’est pas suffisante, elle passe par la réduction de la durée de l’appui.

Des changements de position toutes les 4 à 6 heures, décubitus dorsal, faux décubitus latéral, jamais de décubitus latéral strict à 90°, assis au fauteuil, debout.

L’effleurage

Objectif : favoriser la micro circulation cutanée et permettre l’observation des points d’appuis.

Masser une peau propre à mains nues, avec les doigts à plats et la paume de la main sans appuyer. Possibilité d’utiliser des produits (ex : sanyrène®) pas de produit coloré.

·        Localisation : zones à risque

·        Fréquence : à chaque changement de position

o      Contre indication zone présentant des lésions cutanée.

o      Zone cutanée inflammatoire

o      Erythème (pas au stade 1)

L’hydratation

·        Interne : apport d’eau (1.5 litre/24H).

·        Des téguments (crèmes hydratantes).

L’hygiène

Si la peau est saine et sèche = diminution de la survenue d’escarre. La toilette est un moment de dépistage et de prévention.

Lutte contre la dénutrition

·        Evaluation de la nutrition

·        Evaluation pour savoir si l’alimentation est équilibrée et suffisante (une personne de 60kg = 1800cal/jour).

·        Quantité + qualité = apport de protéines, possibilité d’apport alimentaire riches en protides.

·        Episode d’hyper catabolisme (au cours d’épisode infectieux) = brule beaucoup de calories.

Les escarres ne sont pas une fatalité, c’est une maladie couteuse qui :

·        Augmente la durée de l’hospitalisation.

·        Altère la qualité de vie des personnes.

·        Rôle infirmier essentiel dans la prévention

·        Prise en charge globale de la personne soignée (évaluation des risques).

·        Investissement du rôle propre infirmier

·        Mettre en place toutes les actions possibles et connues dans la prévention.

 

Merci Jean C. !

 

 



Article ajouté le 2008-01-06 , consulté 445 fois

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