Péricardites

PERICARDITES

 

 

            Le péricarde est formé par une enveloppe relativement rigide, le péricarde fibreux et par une séreuse avec 2 feuillets : viscéral au contact du cœur et pariétal au contact du péricarde fibreux. Sa fonction est de permettre au cœur de glisser dans un sac protecteur sans friction (agit comme la plèvre). Il permet de transmettre les pressions de la cage thoracique au cœur.

            Il y a 3 syndromes péricardiques :

                        -péricardite aiguë

                        -épanchement péricardique et tamponnade

                        -péricarde constrictive

 

            1/La péricardite aiguë

                        A – Douleur péricarditique

 

            Elle ressemble à de l’angine de poitrine mais la douleur est positionnelle (augmentée en position couchée et soulagée en position assise) et augmentée par l’inspiration profonde. C’est une douleur thoracique précordiale importante.

            La douleur péricarditique a un début brutal en quelques heures et pour une durée de 2-3 jours. Il peut y avoir associées une dyspnée modérée (qui diminue en position assise) et une toux sèche.

 

                        B – Les signes généraux

 

-fébricule (38°C) fréquente (contexte viral)

-notion d’infection virale récente

-contexte pathologique : infection aiguë, cancer, radiothérapie, maladie auto-immune

 

                        C – Signes d’examen

 

-auscultation : frottement péricarditique (bruit de va et vient de cuir neuf)

-ECG : troubles de la repolarisation, séquence ST normale et T négatif

-radio thoracique : volume cardiaque normal

-enzymes cardiaques normales (donc ce n’est pas un infarctus)

-échocardiographie normale, pas d’épanchement

 

                        E – Evolution

 

-simple avec guérison sans séquelle

-les complications :

            -récidives dans 25% des cas (traitement préventif pendant 1 à 3 mois)

            -épanchement dans 15 % des cas qui peut comprimer le cœur (tamponnade 1 à 2%)

            -constriction péricardique : rare

 

2/Tamponnade

 

            C’est un excès de liquide qui « coince » le cœur.

 

 

                        A – Définition

 

            Compression aiguë des cavités cardiaques par un épanchement de constitution rapide voire brutale qui provoque une chute du débit cardiaque avec des signes de choc et qui peut engendrer un pronostic vital.

 

                        B – Sur le plan clinique

 

-dyspnée permanente +++ (débit cardiaque diminué)

-pouls rapide

-tension artérielle effondrée : TAS < 10 cmHg

            tension « pincée » ex : 9-7 cmHg

-turgescence jugulaire ++ (le malade assis dans le lit a des grosses jugulaires)

 

            C’est un tableau de grande urgence (diagnostic différentiel : infarctus).

 

                        C – Examens complémentaires

 

-gros cœur à la radio : 90%

-ECG : alternance électrique (l’amplitude des complexes varie) + autres signes de péricardite

-électrocardiogramme +++ : il va démontrer ma présence de liquide dans le péricarde = URGENCE

 

                        D – Traitement

 

-ponction péricardique quand l’épanchement est volumineux, elle est guidée par l’échocardiographie (attention à ne pas blesser le muscle cardiaque et les coronaires)

 

-drainage chirurgical : il se fait sous anesthésie générale, on incise le péricarde pour permettre une biopsie et drainer le liquide.

 

 

            3/Etiologies des péricardites aiguës

                        A – Péricardites aiguës bénignes dans 70 à 80% des cas

 

-affection virale prouvée dans 5 à 15% des cas : épidémie, isolement du virus, anticorps

            -coxsachies (50%) : myalgies, conjonctivites…

            -grippe (20% : signes pulmonaires, V grippal (hyperthermie, myalgies puis disparition et réapparition des signes)

            -MNI (mononucléose infectieuse) : adénopathies, splénomégalie

-dans 80 à 85% des cas l’origine n’est pas virale

 

                        B – Péricardites tuberculeuses

 

            Elles sont devenues rares en Europe. L’évolution est lente, elles sont peu symptomatiques. Il y a une notion de terrain : fragilité, pas de BCG, recherche de BK dans le liquide (+++) de follicule tuberculeux à la biopsie péricardique (++).

 

 

 

                        C – Péricardites auto-immunes

 

            Symptômes divers (cutanées, articulaires, rénaux…), lupus érythémateux disséminé, polyarthrite rhumatoïde, sclérodermie…

 

                        D – Péricardites néoplasiques

 

            Métastases  au niveau bronchique, des seins, lymphome, leucémie (péricardite apparaît surtout dans les phases terminales).

 

                        E – Péricardites du post-infarctus

 

-précoce (< 1 semaine) : fréquence ¼ des cas (saignement dans le péricarde)

-tardive (2 à 3 semaines) : Syndrome de Dressler qui va régresser avec un traitement anti-inflammatoire.

 

                        F – Péricardites post-opératoires après une chirurgie cardiaque

 

-précoce : tamponnade par saignement

-tardive qui ressemble au syndrome de Dressler

 

                        G – Péricardites purulentes

 

            Elles sont rares mais dans un contexte septique. On va faire un drainage chirurgical et une bactériologie (nettoyage du péricarde chirurgicalement et introduction d’antibiotiques). La gravité est liée à l’infection et au terrain.

 

            4/Traitement d’une péricardite virale

 

-repos au lit jusqu’à disparition des douleurs

-anti-inflammatoires non stéroïdiens

            -aspirine : 3-4 g/j

            -kétoprofène (Profenid®) : 100 mg/j

-durée du traitement : 15 jours à 1 mois

            Le traitement est prolongé car il y a un risque de récidive (donc 2-3 mois)

-on n’utilise pas de corticoïdes : elles sont très efficaces mais le risque de rechute est très important à l’arrêt du traitement.

 

            5/Péricardite constrictive

 

            Le péricarde est fibreux, épaissi et adhérent, il y a perte de l’élasticité et le péricarde forme une coque qui bloque le remplissage diastolique.

 

                        A – Etiologies

 

-la tuberculose : rare en Europe

-post péricardite purulente non ou mal drainée

-traumatisme antérieur du thorax

 

 

                        B – Clinique

 

Il y a une insuffisance cardiaque droite avec gros foie pulsatile et jugulaires saillantes et pulsatiles.

A la radio on a un gros cœur et des calcifications (Panzer Hertz)

Echocardiographie+++

Péricardotomie chirurgicale : on « pèle » chirurgicalement le péricarde mais l’intervention est difficile et risquée.

 

Merci à Elodie C. !

 



Article ajouté le 2007-09-17 , consulté 478 fois

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