Historique de la maladie mentale et de la profession infirmière en santé mentale
HISTORIQUE DE LA MALADIE MENTALE ET DE LA
PROFESSION INFIRMIERE EN SANTE MENTALE
1/L'historique de la psychiatrie
A – Antiquité
a-Egyptiens
Chez les Egyptien la fonction mentale est rattachée au cerveau, elle est décrite pour la première fois sur du papyrus. La maladie mentale a des causes surnaturelles. Le soin s'organise autour de rituels et de traitements empiriques (incantations pour chasser le diable, fumigations).
Ils considèrent l'utérus comme un être vivant (menstruation = animal) autonome capable de se déplacer dans le corps humain : l'utérus aimait les bonnes odeurs (fumigations pour le faire descendre, le remettre à sa place).
b-Hébreux
La maladie physique ou mentale est attribuée à Dieu : dans les écrits : « l'éternel te frapperas de l'ulcère… ». pour les soins on s'adresse à Dieu ou à un prêtre pour obtenir la guérison de l'âme.
Au V° siècle après JC, création d'un hôpital réservé aux malades mentaux à Jérusalem.
c-Perses
Les prémisses de la souffrance morale sont à l'origine de la folie (Zarathoustra : Nord Iran). L'homme est partagé entre les besoins du corps et les vertus de l'âme, une perte d'équilibre accompagné d'un épuisement provoquent donc la folie.
Pour la guérison, on fait recours au divin, recours empiriques (scalpés, médication par les plantes, beaucoup de paroles…). On préconise la parole pour préserver la pureté de l'âme.
d-Grecs
Au V° siècle avant JC, Hyppocrate est le premier qui va chercher une explication rationnelle et naturelle de l'origine des maladies. Pour lui, il n'y a pas de différences entre la maladie physique et les maladies mentales : elles se soignent toutes les deux par le somatique.
Le cerveau est l'organe le plus important du corps humain (avant il était considéré comme un organe creux). Il a développé la théorie de humeurs : selon lui la santé repose sur l'équilibre de 4 humeurs qui sont la bile jaune, le sang, la phlegme et la bile noire ; et des qualités qui les accompagne : chaud, froid, sec et humide. Il croyait que la folie pouvait se déclarer lorsque le cerveau souffrait d'humidité, de chaleur ou de froid excessif.
B – Moyen-Âge (IX°-XVI°)
a-contexte historique
Il y a la chute de l'Empire Romain, les travaux d'Hypoccrate sont conservés dans le monde arabe alors que chez les chrétiens la maladie redevient une punition divine.
b-monde arabe (IX°s)
Rhazez réserve dans l'hôpital de Bagdad un endroit pour les malades mentaux. Il met en place une psychothérapie et des traitements empirique (menaces, saignées).
c-chez les chrétiens
C'est l'époque de la sorcellerie et de l'inquisition. L'ordre repose sur l'Eglise et la religion donc tout ce qui menace cet ordre est considéré comme une hérésie : le fou est chassé, il vient du diable. Sans signe physique (comme la fièvre) les fous sont considérés comme des maniaques forcenés et traités comme des hérétiques et sont conduits au bûcher par les inquisiteurs.
Si il y a des manifestations physiques, la guérison de l'âme est possible, sans ça ils sont brûlés. La guérison de l'âme se fait par des traitements (mixtures avec des plantes médicinales concoctées par des moines) et un exorcisme.
C'est la famille qui est responsable des fous, ils ne sont pas pris en charge dans des hôpitaux.
C – Âge classique (XVII°-XVIII°)
a-Renaissance (XVII°s)
La Renaissance est une période marquée par l'évolution des conceptions médicales sur la folie. Les découvertes scientifiques vont être interprétées de façon saine ce qui va permettre de rejeter les superstitions et pratiques moyen-âgeuses.
Jean Wyer est le premier à s'ériger contre l'Eglise, il réclame la tolérance et un statut médical pour ces prétendues « sorcières ». il les considère comme des vielles femmes débiles et mélancoliques (notion d'insensé) et va affirmer que de voir des évêques et de les guérir plus tôt vaut mieux que de les faire périr. Il demande un avis médical à chaque procès de sorcellerie.
Paracelse est un médecin alchimiste qui va critiquer les inquisiteurs. La maladie mentale est provoquée par des troubles de la substance intérieure du corps. Toutes les maladies physiques ou mentales peuvent être guéries par des médicaments. Il fabrique donc des produits pour les mettre en place ensuite.
Ambroise Paré reprend la théorie de l'utérus migrateur et va chercher un traitement pour contrôler la mobilité.
Burton est un médecin théologien profane qui a rédigé un traité médical sur la mélancolie en se basant sur sa propre expérience. Pour lui, la meilleure thérapeutique est de confier son chagrin à un ami (ami difficile à trouver donc on peut se confier au médecin). L'oralité permet la prise de conscience (notion de transfert), les paroles du thérapeute égaye le mélancolique.
b-siècle des Lumières (XVIII°s)
Le fou est encore considéré comme un insensé et finalement jusqu'au milieu du XVIII° siècle, le malade mental est enfermé car déviant.
Après le milieu du XVIII°, des ouvrages décrivent des symptômes de la maladie mentale :
L'essai de Durfour : la cause de la folie est le délire, son siège n'est pas le cerveau mais le bas-ventre.
Encyclopédie : ouvrage le plus représentatif sur les connaissances de la maladie mentale. On définit la folie en terme de morale et de médecine, c'est une version plus moraliste et humaniste : essayer de comprendre le fou et ne pas l'enfermer ou le rejeter forcément.
Le courant humaniste et sémiologique : dans le 2ème partie du XVIII° siècle, on considère le fou comme un aliéné, atteint d'une pathologie qui le fait s'écarter de la norme. Les aliénés vont être libérés de leurs chaînes.
C'est le début de la révolution de la psychiatrie avec ce courant, marquée par le désir commun de tous les médecins qui s'occupent des aliénés d'améliorer le sort de leurs malades, de les considérer avec compassion.
Philippe Pinnel, en France, est l'instigateur de l'humanisation des prise en charge des aliénés. En 1793, il supprime l'enchaînement et le remplace par la camisole de force. Il va supprimer les saignées répétées et toutes les médications inutiles qui affaiblissent les malades. La psychothérapie : on peut guérir les fous avec des paroles encourageantes et un raisonnement habile dans le cas de délires afin de réduire l'obsession persistante. Il met en place des costumes anti-masturbatoires : les aliénistes considéraient la masturbation comme une déviance sexuelle.
2/L'aliénisme : XIX°
La thérapie doit se faire par des moyens psychologiques. Reil utilise le mot psychiatrie en premier. Pour lui, les sentiments et les idées sont des moyens de corriger des troubles du cerveau et peuvent lui redonner la vitalité.
Création d'asiles : loi du 30 juin 1838. cette loi sur les aliénés instaure des lieux de traitements pour les malades mentaux. C'est une législation particulière de placements (placements fermés : soit d'office, soit volontaire). Cette loi a 3 objectifs :
1-faire en sorte que chaque département ait un asile d'aliénés
2-fixer les modalités d'admission et de sortie des malades
3-protéger les biens des aliénés pendant qu'ils sont enfermés.
Le fou est donc traité comme un malade, dans le cadre d'une spécialité médicale : la psychiatrie. Mais les malades sont très nombreux (un médecin pour 400 malades mentaux) :
-augmentation du nombre d'internement : lieux de soins deviennent des lieux d'aliénation
-travaux sur les maladies psychiatriques pour améliorer la théorie (découvertes de nouvelles maladies et approfondissement d'autres comme l'hystérie).
Charcot s'intéresse à l'hystérie en 1862. Pour lui c'est une maladie en partie mentale, les symptômes sont modifiables par l'hypnose. Charcot est le précurseur de l'exploration de l'inconscient.
3/De l'aliénation à la santé mentale : XX°
A – Naissance de la psychiatrie
-1921 : M. Edouard Toulouse, psychiatre français, met en place une expérience de service ouvert pour le traitement des psychopathes.
-1922 : il crée un service départemental de prophylaxie mentale
-1936 : il fait rebaptiser les asiles (lieux d'hébergement) en hôpitaux psychiatriques (lieux de soins).
B – Naissance du service psychiatrique
-1937 : circulaire qui préconise la création de dispensaires d'hygiène mentale dans chaque département. Elle précise également la mise en place de services sociaux chargés de la réadaptation des malades en sortie d'essai et pour l'organisation des services libres (ouverts) pour les malades non dangereux uniquement.
-1938 : le placement volontaire gratuit destiné aux malades indigents
-1939-1945 : beaucoup de morts, prise de conscience sur les conditions d'hospitalisation, organisation des services avec des projets.
C – Naissance du secteur psychiatrique
-1957 : M. Paumelle et son équipe :
-traitement ambulatoire, hospitalisation à domicile et thérapies familiales.
-nécessité d'une implantation hospitalière : système intra et extra hospitalier.
Apparition des neuroleptiques : Delay et Denicker ont montré l'efficacité des neuroleptiques dans le traitement des troubles mentaux et ainsi de nouvelles possibilités de cures.
-1960 : circulaire de 1960 : programme d'organisation et d'équipement des départements en matière de lutte contre les maladies mentales. Elle montre un changement d'attitude du pouvoir politique face à la folie. Elle met fin à l'asile en tant qu'institution totalitaire mais ce n'est qu'une circulaire, pas une loi. C'est en 1985 qu'elle va donner lieu à une loi.
Cette circulaire va préciser le principe de la nécessité de la continuité des soins, l'hospitalisation n'étant qu'une étape de la prise en charge. Cela nécessite un caractère pluridisciplinaire et une unicité des équipes pour assurer la continuité des soins. Sur le plan pratique, le département va être divisé en secteurs géographiques et en sous-secteurs (codification de l'hospitalisation).
Elle préconise la réduction de la durée d'hospitalisation, ainsi que la diminution de la chronicisation des patients. Le principe de base : séparer le moins possible les malades de leur famille et de leur milieu (ce qui s'oppose à la loi de 1938).
La circulaire dresse la liste des différents moyens d'alternative à l'hospitalisation :
-dispensaire d'hygiène mentale
-hôpitaux de jour
-ateliers protégés
-foyers de post-cure
Elle pose les bases su secteur.
-de 1970 à 1975 : plusieurs loi fixent des modalités
-1985 : mise en place de tout ce qui était dans la circulaire du 15 mars 1960.
4/Evolution de l'infirmière
Au départ, il fallait un diplôme spécifique de secteur psychiatrique. Dans la première moitié du XX° siècle jusqu'à 1970, la relation de dépendance à la médecine est très forte (pas de soins infirmiers : exécutantes du docteur, elles doivent obéissance et soumission au médecin).
En psychiatrie il y a plus de personnel infirmier homme. L'infirmier est un gardien (confusion par rapport au rôle), il calme l'agitation par la contention physique car pas de traitement.
De 1970 à 1980 une évolution tente à instaurer une collaboration avec un modèle de pratique moins conventionnelle, plus scientifique et rationnelle. Il y a une évolution dans les textes de loi : en 1978 : rôle propre infirmier, diagnostic infirmier (support du rôle propre). Formation commune IDE et IDSP (infirmier diplômé en santé mentale).
Voila le cours avec les schémas
Merci à Elodie C. !

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