Psychopathologie des névroses
PSYCHOPATHOLOGIE DES NEVROSES
La névrose est une perturbation de l’ensemble de la personnalité plus marquée au niveau de l’affectivité. Elle se caractérise sur le plan clinique par des restrictions, des limitations et par des inhibitions. Sur le plan psychologique la spécificité du conflit psychique se passe entre l’inconscient, et plus précisément l’instance qu’on appelle le ça, et le moi. La névrose utilise des mécanismes de défense qui lui sont spécifiques.
La névrose devient une psychopathologie lorsqu’elle entraîne une souffrance intérieure excessive, ainsi que des limitations et des restrictions trop importantes. La psychopathologie de la névrose c’est la nécessité pour la personne d’investir plus d’énergie dans ses conflits psychiques que dans l’intérêt pour les autres et le monde extérieur.
Dans la névrose on parle d’angoisse. L’angoisse n’est ni vraiment un sentiment ni vraiment une émotion. C’est un affect en raison même de son caractère différent. Cet affect pénible, appelé l’angoisse, est différent de la dépression, il est tourné vers l’avenir à contrario, la dépression est tournée vers le passé. Lorsque l’angoisse est intense ou se prolonge elle devient insupportable et la personne s’efforce alors de tenter de s’en débarrasser par divers moyens que l’on appelle mécanismes de défense. Le choix des mécanismes de défense est un choix inconscient qui provient du développement de la personnalité.
L’angoisse du traumatisme de la naissance puis l’angoisse de séparation, l’angoisse de castration (complexe d’Œdipe) et l’angoisse morale ou sociale sont les 4 types d’angoisses dans les névroses.
L’angoisse de castration est la peur de la punition par le père, c’est aussi la crainte de la punition chez l’enfant car il culpabilise d’avoir des envies sexuelles envers un de ses parents.
L’angoisse morale ou sociale c’est la peur d’être rejeté par les autres, d’être exclu du groupe, c’est l’angoisse dite du surmoi (instance d’autorité), c’est la peur aussi de ne pas répondre aux exigences sociales des parents et du groupe (éducation).
1/La névrose obsessionnelle
A – Bibliographie
-les 5 psychanalyses de S. Freud
-la psychopathologie normale et pathologique de J. Bergeret
-psychiatrie de l’étudiant de Michel Hanus
B – Symptomatologie de la névrose obsessionnelle
Elle est la forme la plus organisée des névroses, la plus grave et la plus rebelle de la pathologie névrotique.
a-l’obsession
L’obsession est l’apparition involontaire et anxieuse dans le champ de la conscience d’une pensée, d’une image parasite qui tend à s’imposer au moi qui évolue à côté de lui sans que le moi la reconnaisse comme sienne.
Cette pensée n’est obsessionnelle qu’en raison de ses exigences, de sa permanence et de son intensité. Cette pensée s’installe dans le champ de la conscience et elle le monopolise. Entre l’idée obsédante et l’obsession il y a plus qu’une différence quantitative. La première perturbe la vie psychique mais elle ne la modifie pas. La seconde, l’obsession, au contraire, est le centre de la vie mentale.
Ce phénomène obsessionnel peut être une représentation imagée (différent de l’hallucination), un sentiment, un affect, un souvenir, mais le plus souvent il s’agit d’une représentation d’idée ou une pensée magique.
B – Classification de la névrose
Il existe 3 grands types de névroses obsessionnelle :
-Obsessions dites idéatives :
Ce sont les plus fréquentes et les plus typiques de la névrose obsessionnelle. Ici le phénomène obsessionnel est essentiellement intellectuel, il s’agit d’idée.
-Obsessions phobiques :
On les appelle ainsi en raison de leur caractère anxiogène. Comme les vraies phobies elles produisent une angoisse insupportable. Ce sont donc les obsessions phobiques qui nécessitent d’être soignées rapidement. Dans l’obsession phobique ce qui est redouté ce n’est pas la situation réelle mais la pensée de cette situation ou de cet objet.
-Obsessions impulsives ou phobies d’impulsion :
Elles se rencontrent dans la névrose phobique typique. La phobie d’impulsion est toujours la crainte d’un acte agressif soit contre soi-même soit contre autrui.
C – Les rites obsessionnels
Pour conjurer l’univers hostile, l’obsessionnel a recourt à des procédés magiques voire à des rites mystérieux, des trucs dérisoires mais impérieux (qui s’imposent à lui) et qui bientôt occupent toutes ses préoccupations.
Sur le plan clinique, les rites obsessionnels défensifs apparaissent de 2 types : les uns sont intimes (ruminations de la pensée, pas connus de l’entourage) et les autres sont extérieurs, ce sont souvent des comportements rituels (rituels de vérification ou liturgiques).
D – Aperçu psychopathologique de la névrose obsessionnelle
a-l’ambivalence
Elle est réalisée par la présence simultanée de sentiments positifs et négatifs éprouvés envers la même personne. Cette ambivalence est renforcée par le surmoi. L’obsessionnel doit lutter vigoureusement contre la composante hostile de son ambivalence, c’est-à-dire son agressivité envers lui et les autres (agressivité n’est pas forcément passage à l’acte). L’obsessionnel vit toujours en référence à la mort, à la mort d’autrui et sa propre mort.
b-l’ordre de la pensée
C’est l’idée que la pensée serait toute puissante, que cette pensée peut tout résoudre. Le traitement de la névrose obsessionnelle : On peut préconiser des thérapies comportementales, il y a de bons résultats sur le traitement des symptômes (peut disparaître et réapparaître sous une autre forme). Une cure analytique ou psychothérapie d’inspiration psychanalytique sont d’autres traitements.
2/Les mécanismes de défense
Le refoulement est un processus de mise à l’écart du champ de la conscience d’éléments de l’activité psychique. Ces éléments se voient refuser désormais l’accès à la conscience et rester inconscients. Cela dit, tout en étant inconscients ils peuvent être actifs et participer à la vie du sujet. Souvent ce qui peut être refoulé c’est la peur d’être agressé.
Le déplacement c’est le fait que l’affect d’une représentation est susceptible de se détacher pour passer à d’autres représentations.
L’évitement consiste à éviter l’objet phobique, la situation phobique.
L’isolation est un mécanisme qui consiste à isoler une pensée ou un comportement de telle sorte que les connexions avec d’autres pensées ou avec le reste de l’existence du sujet et se trouvent rompues.
L’annulation est un mécanisme par lequel le sujet s’efforce, que les pensées, les paroles, les gestes ne soient pas advenus. Le sujet utilise pour cela une pensée ou un comportement qui a une signification opposée.
Formation réactionnelle, c’est l’attitude de sens opposé à un désir refoulé et constitué en réaction contre celui-ci.
3/L’hystérie de conversion
A – Le caractère de la personnalité hystérique
Les principaux traits de caractère de l’hystérie sont : le théâtralisme, la mythomanie, la falsification de l’existence, la suggestibilité et l’inconsistance du moi.
a-le théâtralisme
C’est entre autres l’expression somatique des sentiments qui est généralement exagérée. L’hystérique ne voit que l’apparence de la réalité pour lui donner une signification érotisée. Il déplace toujours la valeur du réel (tantôt il majeure et l’amplifie et tantôt il ne prend rien au sérieux). Ce que l’hystérique ne peut pas supporter sous peine d’angoisse c’est que les choses soient ce qu’elles sont.
b-la mythomanie
L’hystérique falsifie systématiquement ses rapports avec autrui, on dit qu’il se fait passer pour ce qu’il n’est pas. L’hystérique modifie le réel et l’enjolive. La tendance à la mythomanie vient du fait que l’hystérique a souvent une difficulté à départager l’imaginaire du réel, le vrai du faux et ses fantasmes de ka réalité.
c-la falsification de l’existence
La satisfaction érotique (ou libidinale) qu’il ne peut trouver dans la réalité, l’hystérique se l’accorde dans son imaginaire. Il investi une grande partie de son temps à la rêverie où le désir peut se satisfaire symboliquement en dehors des contacts frustrants de la réalité.
d-la suggestibilité
L’hystérique est influençable, inconsistant, et son moi n’arrive pas à se fixer dans l’authenticité d’une identité personnelle. Il cherche à trouver la meilleure place possible dans le champ d désir de l’autre.
e-l’inconstance du moi
L’hystérique doute toujours de sa propre valeur et il a toujours besoin d’être rassuré par une relation sécurisante à autrui.
B – Psychopathologie de la névrose hystérique de conversion
Sur le plan de la psychopathologie, 3 éléments revêtent une importance majeure dans la dynamique de l’hystérie : l’imaginaire, l’Œdipe et l’identification.
a-l’imaginaire
L’hystérique investi une part importante de son temps dans ses activités fantasmatiques (il imagine ce qu’il pourrait se produire avec les autres) qui sont à la fois nocturnes sous forme de rêves et aussi diurnes sous forme de rêverie fantasmatique.
Le contenu de ces activités fantasmatiques sont manifestement d’ordre sexuel. Dans les rêveries diurnes, les représentations proprement sexuelles sont habituellement bannies et sont déplacées sur des contenus amoureux, d’amitié et de réussite.
Dans les rêves ce déplacement symbolique persiste mais peut laisser place à des images plus directement érotiques et sexualisées.
La fonction de l’imaginaire est identique dans l’hystérie à celle du rêve chez le sujet qui n’est pas hystériques à savoir donc la réalisation fantasmatique de ses désirs.
C – Au niveau thérapeutique
Le traitement de l’hystérique est essentiellement psychothérapeutique. La chimiothérapie n’est pas si efficace que ça. Cependant la psychothérapie n’est pas toujours possible.
4/La névrose hystérique d’angoisse
On la classifie en tant que névrose phobique. La phobie en tant que symptôme est cliniquement connue depuis longtemps mais c’est Sigmund Freud le premier qui l’a individualisé. Quand on parle de névrose phobique on parle d’hystérie d’angoisse.
Ce qui caractérise les phobies c’est le déplacement vers l’extérieur du stimulus phobogène. Dans la névrose phobique le stimulus phobogène est précis, bien délimité et bien sûr localisable dans l’espace extérieur et les mécanismes de défense ne requièrent pas une élaboration psychique importante (il suffit d’éviter).
Comme toute névrose, le phobique est anxieux, hypersensible aux frustrations et toujours en attente de souffrir. Certains traits du caractère anxieux s retrouvent fréquemment chez le névrosé phobique, ceci dit, on retrouve chez le phobique des traits de la personnalité hystérique : on retrouve l’immaturité du moi, la suggestibilité et l’avidité pour toute gratification.
En revanche, dans la névrose phobique, il n’y a pas la composante de séduction que l’on trouve dans l’hystérique de conversion. Cependant certains aspects psychologiques sont très apparents dans la phobie, c’est entre autres l’état constant d’alerte (la peur de rencontrer l’objet phobique). C’est aussi le parti pris de la fuite soit en adoptant une attitude passive (position d’inhibition) soit en adoptant un comportement de défi (fuite en avant mais dans l’activisme).
A – Les conduites phobiques
La phobie est une peur spécifique intense dont le stimulus est projeté à l’extérieur. On détermine 3 types de phobies : les phobies de situation, d’impulsion et les phobies dites limites.
a-les phobies de situation
Les phobies de situation sociale, la claustrophobie, l’agoraphobie, l’acrophobie, la phobie des animaux.
b-les phobies d’impulsion
L’impulsion suicidaire, l’homicide. Le facteur déclenchant n’est plus externe : le phobique éprouve une peur panique d’être poussé à perpétrer un acte agressif à son encontre ou à celle d’autrui.
c-les phobies dites limites
C’est la peur des microbes, de la mal propreté, l’érothophobie, la dysmorphophobie.
B – Les conduites d’évitement
Le phobique évite l’objet phobogène.
C – Les conduites de réassurance
Le familial, la maison surtout, il investi exclusivement et principalement les personnes aimées et proches. Nombreux sont les phobiques qui ne peuvent pas sortit sans être accompagnés.
De nombreux phobiques peuvent utiliser des substances d’addiction pour limiter les angoisses.
D – Traitement de la névrose phobique
Essentiellement par la psychothérapie (bonne indication pour la cure analytique), des thérapies comportementales et cognitives.
Hystérie : névrose hystérique de conversion
Névrose phobique ou névrose d’angoisse : névrose hystérique d’angoisse.
Merci à Elodie C. !

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