Le projet de soins

LE PROJET DE SOINS

 

 

 

Article R.4311-1 et 4311-3 relève du rôle propre. L’IDE  a pour compétence de prendre des initiatives.

Sur un plan réglementaire, on est tenu de mettre en œuvre un raisonnement clinique avec la démarche de soins.

 

 

 

I.     Caractéristiques du projet de soins

C’est une étape qui arrive après l’analyse. L’analyse permet de poser les problèmes et de faire émerger un certain nombre de risque qu’encours la personne, ce qui relève des problèmes à traiter en collaboration.

Le projet de soins est centré sur l’autre et son autonomie. La finalité du projet de soins vise l’autonomie de la personne. Le projet de soins est quelque chose qui est tournée vers les actions à réaliser dans le but de créer un service unique à la personne.

Un projet est temporalisé c'est-à-dire qu’il va se séquencer à des dates précises. Il faut que les actions soient datées pour un contrôle.

Un projet est régulé par un plan : planification prévu pour la personne ou pour l’étude de cas. Ce plan permet de poser les étapes en fonction d’une progression prévue pour la personne, le but final (es : rééducation sur 2 ans).

Un projet est mis en œuvre par des actions concrètes et pertinentes au regard des ressources et des contraintes d’ordre matérielle, financière et humaine.

Le projet n’est pas quelque chose de figer, c’est un processus dynamique, qui évolue constamment. Au fur et à mesure qu’on le met en œuvre, il va évoluer car des informations nouvelles vont permettre d’affirmer ou d’infirmer les propositions précédentes.

Le projet est une anticipation : on projette les actions à venir.

 

 

 

II.     Intérêt du projet de soins

L’intérêt du projet de soins est de formuler les buts à atteindre, les étapes pour y parvenir, d’identifier les résultats qu’on escompte et les délais qui a lieu de respecter. Identifier les résultats qu’on escompte permet de voir si le but est atteint. Cela permet de mobiliser les ressources des différents intervenants sans interférence ou double emploi.

 

 

 

III.     Risque et inconvénients du projet de soins

Le risque que l’on peut avoir est d’établir un projet avec une vision idéaliste par rapport aux résultats et aux buts à atteindre. Cela veut dire qu »on ne tient pas assez compte des possibilité ou impossibilité de la personne. Si on a une vision idéaliste, on a peu de résultats donc, il y a un abandon du projet. Par exemple, une personne qui, avant son arrivée, marchait qu’avec un déambulateur, il ne faut pas marquer comme but, marche autonome.

Il faut toujours discuter du projet avec les personnes qui connaissent les ressources du service et avec la personne soignée pour éviter les visions idéalistes.

IV.    Les temps du projet de soins

Le projet de soins comporte différents temps qu’on appelle aussi planification. La programmation est une grande feuille avec les différentes actions du jour qu’il a lieu de faire et que l’infirmière utilise sur son temps de travail.

Dans les services, il y a souvent une confusion entre les 2 termes, et, la programmation est souvent appelée planification.

Il y a 4 temps dans la planification du projet de soins.

 

 

1.    Établir un ordre de priorité

-    Situation médicale de la personne soignée

-    Désir de la personne soignée indépendamment de la situation de soins (donne la priorité dans le cadre du projet)

-    Ressources et contraintes à disposition. Il s’agit des ressources et contraintes institutionnelles donc, les choses que l’on peut et les choses que l’on ne peut pas faire. De plus, il y a certaines ressources que l’on ne connaît pas donc, il faut revenir à l’entretien avec la personne par rapport à ses besoins que l’on n’avait pas au départ.

 

 

2.   Adapter, personnaliser, poser des objectifs pour la personne soignée dans le cadre des diagnostics infirmiers

Un objectif est l’énoncé d’un comportement que l’on désire obtenir de la personne soignée au bout d’un temps donné (c'est-à-dire les capacités de la personne). Ex : Mr/Mme doit être capable de… au bout de….

La formulation doit  être toujours précise, univoque, réaliste, observable et mesurable.

-    Qui : il s’agit de la personne soignée mais, il peut s’agir d’un groupe de personne -> Mme X

-    Quoi : comportement de la personne soignée que l’on veut obtenir -> marchera

-    Comment : façon dont on veut que la personne soignée réalise une action -> avec des cannes

-    Quand : moment où doit se faire l’action -> une fois le matin et une fois le soir

-     : endroit où doit se faire l’action ->dans le couloir, jusqu’à l’entrée du service, aller/retour

Il faut préciser et valider les objectifs avec la personne soignée puisque c’est elle qui fait l’action. Il faut voir si, dans l’idée, elle est capable de le réaliser.

Par exemple, une personne qui perd 5 kg en 1 mois (période dépressive). Dans son projet, on va mettre une reprise de poids, et, pour cela, semaine après semaine, il faudra adaptées le nombre de Kcal absorbées.

Semaine 1 -> 1300 Kcal/jour

Semaine 2 -> 1500 Kcal/jour

Semaine 3 -> 1700 Kcal/jour

 

Quand on est dans le cadre des problèmes à traiter en collaboration, on n’est plus dans les objectifs qui visent le comportement que l’on veut obtenir de la personne. L’objectif sera centré sur le problème.  Par exemple, une personne est immobiliser pendant 30 jours-> on sait qu’il y a des risques inhérent à cette mobilisation (thrombose veineuse) donc, peut être mise en place d’un traitement anticoagulant dans le cadre de la prescription.

 

Dans les objectifs en lien avec le risque potentiel, l’objectif va avoir une double finalité : la prévention et le dépistage de ce risque. Il va aussi cibler le dépistage qu’il a lieu de réaliser alors même que des actions ont été mise en place.

 

 

3.   Identification et choix des actions infirmières

C’est l’infirmière à qui il revient de décider des actions à réaliser, pour qui et comment. Ces actions dépendent de l’état d’autonomie et de la dépendance de la personne. Elle doit tenir compte aussi des contraintes institutionnelles. Il faut trouver la moins mauvaise solution ou meilleur compromis possible. C’est un travail en équipe pluridisciplinaire donc, il faut chercher le meilleur compromis possible entre ce que peut faire la personne et les compétences des personnels de santé.

La formulation doit toujours se faire avec un verbe actif (marcher, se laver…). Dans l’action, il faut préciser qui en est le bénéficiaire, l’objet de cette action et l’horaire. On est dans une action, pas dans un objectif. Le projet ne va pas forcément être acteur de l’action mais, l ne faut pas faire des actions qui n’ont pas de rapport avec l’objectif. Ex : massage du patient pour qu’il dorme.

 

 

4.   Programmer les interventions de soins qu’il y a lieu de réaliser pour cette personne dans la journée à venir

C’est le résultat logique du raisonnement clinique, du projet de soins. « J’ai telle ou telle action à mener pour une personne ou un groupe de personne. »

Si l’infirmière doit se s’occuper de 10 personnes, il y a 10 priorités différentes. Il va donc falloir choisir laquelle est une “supra priorité”. Il faut une organisation pour l’ensemble.

 

A l’issu de l’élaboration du projet de soin, il y a 2 étapes :

-    mise en œuvre des actions que l’on vient de choisir et de déterminer

-    évaluer les actions et les réajuster

Il faut tout le temps reconstruire et reconsidérer le projet de soins. La difficulté est que formaliser, pour une personne, un projet de soins est difficile mais, en plus, il faut être attentif aux changements du projet de soins tous les jours.

 

Merci à Aurélie L. ! 



Article ajouté le 2007-05-28 , consulté 972 fois

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