Les principaux examens en imagerie

LES PRINCIPAUX EXAMENS EN IMAGERIE

 

 

            Le patient est hospitalisé dans votre service depuis quelques jours, il doit bénéficier d’un examen en imagerie…

            Notre rôle est de faire en sorte que l’examen se passe au mieux.

            Objectif : optimiser la prise en charge des patients :

-connaître le déroulement de l’examen (information)

-comprendre l’importance de la préparation physique et psychologique du patient

-participer au suivi et à la surveillance du patient à son retour

 

            1/Les différents types d’examens

 

-actes d’imagerie diagnostiques :

            -radiographie

            -scanner (TDM : tomodensitométrie)

            -IRM

            -échographie

            -scintigraphie en médecine nucléaire

 

-différentes modalités d’exploration :

            -rayons X pour la radio et le scanner

            -champ magnétique en IRM

            -ultra sons en échographie

            (-rayons γ en médecine nucléaire)

 

-Physique élémentaire des rayons X :

            -le tube à rayons X : un filament chauffé (cathode) émet des électrons qu’on accélère et qu’on projette sur l’anode : ça va former des rayons X. plus les électrons sont envoyés fort, plus ils vont être pénétrants.

            -si entre le tube à rayons X et le film on interpose un corps, celui-ci absorbe des rayons X en fonction de sa densité : plus il est dense moins il laisse passer les rayons X donc les os apparaissent en blanc sur les radios.

 

-Radiographie simple :

            -os, poumons, ASP (abdomen sans préparation)

            -il faut toujours rassurer le patient, même si c’est un examen simple et rapide, il a peur du diagnostic.

            -rôle essentiel : éliminer ce qui peut s’opposer aux rayons X (bijoux, ceinture, épingles dans es cheveux…)

 

            L’image est souvent insuffisante : nécessité d’utiliser des produits de contraste (opaques : ils vont absorber les rayons X).

 

            2/Produits de contraste

 

-baryte (ou hydrosoluble) que l’on fait ingérer.

-produits iodés que l’on va injecter.

-chélates de gadolinium que l’on va aussi injecter.

 

                        A – Baryte 

 

-dans les cavités :

-œsophage, estomac, duodénum : TOGD (transit œsophagien gastro-duodénal) : ingestion

-intestin grêle : T. GRELE : ingestion

-côlon : lavement baryte : voie rectale ou œstomie

 

-le baryte ne doit pas passer dans les vaisseaux, si le patient se fait opérer ou des fistules on utilisera l’hydrosoluble.

 

                        B – Iode

 

-appareil urinaire (reins, urètre, vessie) : UIV (urographie intra veineuse) : IV

-appareil vasculaire (artères et veines) : angiographie

            -injection intra-artérielle : artériographie

            -injection intra-veineuse : phlébographie

-exploration du corps en coupes : scanner : injection et/ou ingestion

 

                        C – Chelates de gadolinium

 

-moins d’effets secondaires que l’iode

-exploration du corps en coupes : IRM (IV)

 

                        D – Effets secondaires

 

Baryte : aucun sauf que le produit met longtemps à s’évacuer (3-4 jours ou 5 si on a une digestion lente) donc s’il y a plusieurs examens (urographie par exemple), il va falloir faire d’abord l’urographie et ensuite l’intestin grêle.

 

Hydrosolubles : si risque de passage de baryte hors des cavités. Les hydrosolubles ont une risque de déshydratation.

 

Iode :   -goût métallique dans la bouche

            -sensation de chaleur

            -risque de nausées ou de vomissements

            -risque d’allergie (boutons, prurit, œdème…)

            -risque d’insuffisance rénale

Les contre-indications :            -asthme,

-ceux qui font des réactions après avoir mangé des aliments qui contiennent de l’iode (fraises, poisson…),

-insuffisance rénale

Mieux vaut faire l’injection à jeun pour éviter les vomissements.

 

            Chelates de gadolinium : risque de nausée (très rare) et risque d’allergie (boutons, prurit, odème…)

 

 

 

 

                        E – Comment limiter les effets secondaires : préparation du patient

 

-patient à jeun 8 heures avant l’examen

-si allergies connues : préparation anti-allergique médicamenteuse (selon le protocole)

-interrogatoire +++ : faire baisser le stress, dossier patient

-résultats du bilan sanguin car élimination rénale (fonction rénale : urée, créatinine)

-faire boire le patient après l’examen +++

 

            3/Examens digestifs

                        A – TOGD

 

-indications : étude de la déglutition, dysphagie, recherche de tumeurs, bilan pré et post opératoire.

-préparation : strictement à jeun, ne pas fumer, informer

-déroulement de l’examen : le patient boit de la baryte ou un produit hydrosoluble (selon indication de l’examen), durée 10 à 20 minutes.

-conséquences et surveillance : présence de résidus de baryte (abdomen et pelvis) pouvant gêner lors d’examens ultérieurs : attention aux prises de rendez-vous. Veillez à l’élimination et faites boire le patient.

 

                        B – Transit grêle

 

-indications : tumeurs du grêle, maladie de Crohn, bilan d’anémie, maladie de mal absorption

-préparation : strictement à jeun, ne pas fumer, lavement évacuateur à l’eau la veille au soir, information

-déroulement de l’examen : le patient boit de la baryte ou un produit hydrosoluble (selon indication) ou pose de sonde naso-gastrique jusqu’au duodénum puis injection à la seringue du produit de contraste dans la sonde. Examen très long.

-conséquences et surveillance : présence de résidus de baryte (abdomen et pelvis) pouvant gêner lors d’examens ultérieurs : attention aux prises de rendez-vous. Veillez à l’élimination et faites boire le patient.

 

                        C – Lavement baryte (côlon)

 

-indications : tumeurs, rectocolite hémorragique, Crohn, occlusion, échec coloscopie, diverticulite

-préparation : inutile d’être à jeun, régime sans résidus 3 jours avant l’examen, laxatifs, lavement évacuateur à l’eau la veille, information

-déroulement de l’examen : mise en place d’une canule rectale, injection de produit de contraste (baryte ou hydrosoluble) dans le côlon jusqu’au caecum associée ou non avec une insufflation d’air en mono ou double contraste, durée 30 minutes.

-conséquences et surveillance : présence de résidus de baryte (abdomen et pelvis) pouvant gêner lors d’examens ultérieurs : attention aux prises de rendez-vous. Veillez à l’élimination et faites boire le patient.

 

           

 

 

 

 

            3/Examens vasculaires

                        A – Artériographie

 

-indications : à visée diagnostique ou thérapeutique (vasculaire interventionnelle)

            -hémorragie (embolisation)

            -sténose

            -anévrisme

            -traitement de tumeurs par chimiothérapie intra-artérielle

-déroulement de l’examen :

            -ponction d’une artère (fémorale, humérale ou radiale) et introduction d’une sonde intra-artérielle jusque dans l’aorte.

            -injection d’iode dans l’aorte ou dans l’une de ses branches (coronaires, tronc coeliaque, rénale, mésentériques supérieure et inférieure…).

-éviter (risques) :          -infection

                                   -hémorragie

                                   -thrombose

                                   -troubles cardio-vasculaires

                                   -allergie

-préparation :

            -patient strictement à jeun, ne pas fumer, vérifier que le patient ne soit pas allergique ou asthmatique

            -dossier complet du patient avec un bilan sanguin récent (urée, créatinine, coagulation…)

            -préparation du champ opératoire

            -pas d’examen radio digestif avec produit de contraste les jours précédents l’examen

            -information, soutien psychologique

-surveillance :

            -surveiller le point de ponction pendant 24 heures. Le patient ne doit pas se lever et doit garder le pansement compressif.

            -veillez à l’hydratation du patient, soutien psychologique

 

            5/Imagerie en coupe

                        A – Scanner

 

-indications : pathologies diverses

            -céphalées

            -DDB

            -pathologies articulaires

            -Crohn

            -tumeurs

            -métastases

-préparation : strictement  jeun (selon indication : diète hydrique ou non), bilan biologique sanguin (urée, créatinine), dossier patient, non allergique , non asthmatique (sinon préparation anti-allergique selon le protocole), éviter tout examen baryté dans les 3 jours précédents l’examen si scanner abdomen et pelvis, information, soutien psychologique.

-déroulement de l’examen : pose d’un cathéter veineux 18G (pli du coude ou utilisation CIP : chambre implantable profonde), injection d’iode, parfois injection de produit de contraste ou administration par voie rectale.

-surveillance :hydratation, prise en charge psychologique+++car attente du diagnostic

 

-avantages :

            -examen rapide (environ 15 minutes)

            -coupes très fines d’environ 1mm

            -reconstitution dans tous les plans

-inconvénients : irradiation+++

 

                        B – IRM

 

-indication : pathologies diverses, indications neurologiques +++, parties molles, articulations, muscles.

-recherche de contre-indications et préparation :

            -pace-maker, éclats métallique oculaires, clips ferromagnétiques, implants (valves prothétiques : interrogatoireet retrait de tout objet ferromagnétique pouvant être retiré.

-claustrophobie : information, préparation psychologique du patient+++ (IRM = cercueil)

-grossesse

-allergie ou asthme

-vérification du dossier, patient à jeun pour IRM du pancréas et des voies biliaires.

-déroulement de l’examen : le patient est allongé sur le dos (30 minutes immobilité absolue) dans l’IRM (long tunnel bruyant+++), injection IV de chelate de gadolinium (information+++).

-surveillance : prise en charge psychologique +++ car attente diagnostic.

 

                        C – Echographie

 

-visée diagnostic ou thérapeutique

-indications : pathologies hépatiques, pancréatiques, rectales, biliaires, pelviennes, bilans obstétricaux, étude des parties molles, des seins…

-préparation : psychologique, pelvis : boire 1L ou 2 d’eau pour bien remplir la vessie, 2h avant.

-déroulement de l’examen : le patient est allongé sur le dos, passage d’une sonde ultra-sons + gel sur les zones d’intérêt (sur la peau, par voie endo-rectale ou endo-vaginale).

-surveillance : suivi psychologique et surveillance du point de ponction si ponction et de l’évacuation si drainage.

 

                        D – Ponction-biopsie

           

            C’est un prélèvement sous contrôle échographique ou radiologique de tissu d’une organe grâce à une aiguille à biopsie en vue d’une analyse pour en déterminer la nature.

            Préparation du patient : résultats de la coagulation, préparation du champ opératoire.

 

                        E – Acte radiologique thérapeutique

 

-drainage de collection

-pose de prothèse : mise en place dans un vaisseau (artère ou veine) ou dans le tube digestif d’un dispositif permettant de rétablir son calibre initial.

-chimio-thérapie

-thermo-ablation: introduction sous contrôle échographique ou radiologique d’une aiguille munie d’une électrode permettant de brûler.

 

-embolisation :

            -introduction d’un cathéter par l’artère fémorale jusqu’à l’artère responsable de l’hémorragie.

            -injection par ce cathéter d’un produit ou d’une matière permettant de boucher cette artère.

 

            6/Médecine nucléaire

 

-imagerie basée sur l’utilisation de radio-isotopes (corps radio-actifs)

            -ingestion, inhalation ou injection au patient

                        -émission de rayons g détectés par une caméra

                        -transformation en énergie lumineuse

                        -transformation en signal électrique

                        -analyse et obtention d’une imagerie appelée SCINTIGRAPHIE.

 

-indications : bilan extension tumorale, recherche de nodules thyroïdiens, étude morphologique et fonctionnelle du rein, des poumons…

-contre-indication : grossesse

-préparation du patient : à jeun (le plus souvent), préparation psychologique + information

-suivi : faire boire le patient, suivi psychologique

 

            7/Irradiation et radioprotection

                        A – Irradiation

 

-action des radiations sur les cellules jeunes en développement.

-organes critiques :

            -embryon, fœtus, enfant

            -gonades

            -tissu hématopoïétique

            -peau

            -cristallin

            -glande thyroïde

 

                        B – Radioprotection

                                   a-notre rôle auprès du patient

 

-éviter tout examen chez la femme enceinte

-prévoir les examens irradiants dans les 10 premiers jours du cycle

-éviter tout examen inutile

-en médecine nucléaire : période +/- longue du produit radio-actif : faire boire le patient pour son élimination

-en unité de soins : ex : curiethérapie, traitement par iode 131…

 

                                   b-pour le personnel

 

-ne pas rester inutilement dans la salle de radio : la meilleure radioprotection est la distance

-si présence obligatoire rester derrière le paravent plombé, sinon utiliser les moyens de protection : tablier, gants, caches thyroïde plombés.

 

 

-votre rôle :

            -penser à mettre les renseignements cliniques sur le bon de radio

            -information + préparation du patient

 

Conclusion :

            -importance de la cohésion entre nos services et de la cohérence dans nos actions

            -volonté de décloisonner les services…

 

                       

Merci Elodie C.!



Article ajouté le 2007-05-13 , consulté 428 fois

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