Les examens sanguins
LES EXAMENS SANGUINS
Les maladies infectieuses sont la résultante de l’introduction dans l’organisme de micro-organismes vivants (bactéries, virus, parasites ou champignons) qui s’y développent.
I. Généralités sur les prélèvements sanguins
1. Définition
Un prélèvement est un acte permettant l’obtention d’un échantillon biologique. Ce prélèvement comprend le recueil, la conservation et le transport.
Le prélèvement est la 1ière étape de l’analyse donc, ce prélèvement va conditionner la qualité de ces résultats.
2. Cadre législatif
Les prélèvements par ponction veineuse sont des actes que l’infirmière est amenée à réaliser sur prescription médicale ou en application d’un protocole médical écrit.
Sur le décret de 2002 : prélèvements sanguins par cathéter ou capillaire sanguin.
Ce n’est pas un acte autonome propre.
Le rôle de l’infirmière par rapport à cet acte, c’est de comprendre la finalité de l’examen pour l’expliquer au patient. C’est aussi le respect des procédures pour des résultats garanties et fiables, et, aussi, de comprendre les normes.
3. Respect des procédures
Il faut respecter les procédures pour la fiabilité des résultats car le prélèvement est la 1ière étape de l’analyse, il conditionne la qualité des résultats. Il y a plusieurs critères de soins et des procédures issus du GBEA (guide de bonne exécution des analyses). Le laboratoire extrait du GBEA des protocoles pour savoir quel tube utiliser suivant l’examen, comment le conserver, quand l’amener…
Les actes biologiques sont des examens qui concourent au diagnostic, traitement, prévention…donc, c’est très étendu.
a) Prescription
On trouve la prescription dans le dossier patient. Cette prescription doit être écrite, datée et signée par le médecin. Il faut d’abord vérifier l’équation prescription/patient c'est-à-dire que la prescription est bien pour ce patient.
Il faut ensuite choisir la matériel adapté c'est-à-dire les tubes et les flacons nécessaire au prélèvement. Matériels en terme de tubes, il faut vérifier leur intégrité et leur date de péremption. C’est important pour les tubes car cela peut être des tubes sous vides.
b) Auprès du patient
On vérifie l’identité du patient, on lui demande son nom, son prénom et sa date de naissance. Il faut lui expliquer le but de la prise de sang et vérifier s’il est à jeun, si l’examen qu’on va lui faire le nécessite. Cette vérification est conçue pour limiter tout risque d’erreur sur l’identité du patient.
Après avoir vérifié tous ça, on va étiqueter les tubes au nom du patient. L’étiquetage des tubes doit se faire immédiatement après le prélèvement, par la personne qui a réalisé le prélèvement. L’étiquette comprend l’identité de la personne : son nom, son prénom, son nom de jeune fille, son sexe et sa date de naissance. Sur cette étiquette, par rapport au prélèvement, on a la date et l’heure du prélèvement et, parfois, la localisation du prélèvement. Lors d’un prélèvement hématologique, ce n’est pas très important d’indiquer la localisation. Par contre, pour une analyse bactériologique, l’indication de la localisation est importante.
Ces tubes seront accompagnés d’un bon de prélèvement qui va spécifier l’examen demandé au laboratoire. Sur le bon, il y a l’identité du patient, l’identité du prescripteur, l’identité du préleveur (pour des raisons de traçabilité), la date et l’heure du prélèvement et le code du service. On peut éventuellement ajouter les incidents qui ont pu arriver lors du prélèvement.
Il y a différents bons suivant le laboratoire donc, l’infirmière doit savoir quel bon elle doit remplir suivant l’examen voulue. Quelques fois, sur les bons, il faut marquer le traitement du patient pour les analyses, si c‘est nécessaire par rapport à l’examen demandé.
Par rapport à la prescription, la date et l’heure du prélèvement doit être marqué par l’infirmière qui a fait le prélèvement dans le dossier patient.
c) Le transport
Le transport doit respecter des règles qui vont respecter l’intégrité de l’échantillon et la sécurité du personnel.
Dans les services, dans le classeur avec le protocole, il est indiqué le tube de prélèvement, et, les conditions et les délais de transport. Il y a des protocoles qui décrivent les procédures particulières de délai d’acheminement, de température de conservation… il faut que le transport soit le plus rapide possible en prenant toutes les précautions que l’on doit connaître pour éviter la dégradation des éléments du prélèvement.
Pour l’acheminement, soit c’est un membre de l’équipe qui y va, soit il y a des points de collecte où un coursier vient pour amener les prélèvements au laboratoire.
Pour la sécurité du personnel, les tubes sont mis dans des pochettes étanches, fermées, avec un double emballage pour éviter les risques de contamination.
d) Prélèvement
Pour ce prélèvement, il y a les règles d’asepsie :
un lavage simple des mains avant et après le prélèvement
le port de gants non stériles à usage unique pour la protection du préleveur
l’épiderme, au point de ponction, doit être soigneusement désinfecté avec les 4 temps du prélèvement
l’emploi de matériels stériles en terme d’aiguilles, tubes…
Le choix du site de ponction est fonction du capital veineux du patient, souvent, au niveau du coude. Pour repérer la veine à prélever, on utilise un garrot pour que les veines gonflent un peu. Ce garrot doit être mis à environ 10 cm du point de ponction, il ne faut pas trop le serrer, et, il ne faut pas le laisser plus de 3 min car cela peut fausser les résultats sanguins.
On effectue les prélèvements en respectant l’ordre de remplissage des tubes.
* Règles universelles de sécurité :
Tout prélèvement doit être considéré comme potentiellement contaminé donc, contaminant. Cela explique les pochettes étanches double emballage pour le transport, le port des gants pour toute manipulation de tubes et pour tout prélèvement, pourquoi il y a un conteneur adapté pour l’élimination des aiguilles. Ce conteneur doit être mis à proximité de soi lors du prélèvement, et, il ne faut jamais recapuchonner une aiguille.
* Risque lors du prélèvement
Pour le préleveur, il y a un risque d’AES (accident d’exposition au sang) et un risque de contamination à cause de conteneur souillé ou trop rempli.
Pour le patient, il y a le risque d’avoir des mauvais prélèvements. Cela peut avoir des conséquences sur le traitement (traitement non adapté). Il faut parfois refaire un prélèvement. Cala peut induire un allongement de l’hospitalisation.
Ces conséquences sont souvent dues à un mauvais étiquetage, un ordre de prélèvement non respecté, le tube qui n’est pas adapté, un échantillon de sang qui n’est pas utilisable car on a une hémolyse, des tubes non mélangés, des tubes périmés, des tubes pas assez remplis qui empêche l’analyse, des renseignement sur les tubes ou sur les bons insuffisants, et, les temps d’acheminement qui ne sont pas respectés.
e) Les tubes
Les tubes sont sous vides c'est-à-dire qu’il y a un vide calculé qui va correspondre à la quantité de sang nécessaire à l’examen. Ils ont des bouchons que l’on ne doit pas enlever, on a un dispositif qui perce le bouchon. Lorsqu’on est dans une veine, le tube se rempli tout seul car il y a un vide, et, on doit le laisser sur l’aiguille tant qu’il n’est pas rempli.
Tous les tubes ont une couleur spécifique, qui indique la nature du tube c'est-à-dire si c’est un tube que l’on dit sec car il n’y a pas de produit à l’intérieur, qu’il n’y a pas d’anticoagulant donc, le sang va coaguler à l’intérieur du tube. On a des tubes avec de l’additif à l’intérieur. Il est important pour l’infirmière de connaître l’utilisation des tubes.
II. Examens sanguins en infectieux
Une infection s’accompagne, généralement, d’un processus inflammatoire qui se traduit cliniquement par une réaction locale : chaleur, œdème, rougeur… et par une réaction générale, par exemple, de la fièvre. Ces processus s’accompagnent, également, de manifestations biologiques d’où, les examens sanguins qui sont demandés.
1. NFS plaquette : numération formule sanguine avec plaquette
Cet examen NFS plaquette compte les éléments figurés du sang donc, un comptage des globule rouge avec l’hémoglobine, des globules blancs et des plaquettes. Souvent, en infectieux, il va y avoir des modifications au niveau des leucocytes puisque les globules blancs participent à la défense immunitaire.
Valeur de la NFS plaquette :
· Globules rouges ou hématies :
Homme : 4,5 à 5,9 .106/mm3
Femme : 4 à 5,3 .106/mm3
· Hémoglobine : 12 à 15 g/100mL
· Hématocrite : 37 à 54%
· Plaquettes ou thrombocytes : 150 000 à 300 000/mm3
· Globules blancs : 5 à 10 .103/mm3
Polynucléaires :
neutrophiles : 60 à 70% 4500 à 5200/mm3
éosinophiles : 1 à 3% 75 à 300/mm3
basophiles : < 1% 25 à 70/mm3
Mononucléaires :
lymphocytes : 25 à 30% 1800 à 2000/mm3
monocytes : 4 à 8% 300 à 600/mm3
L’hémoglobine signe une anémie. On parle d’une anémie quand la valeur est inférieure à 10 - 11g/100mL. On peut observer une anémie lors d’une infection très lente, par exemple.
L’hématocrite est le rapport du volume des globules rouges par rapport au volume sanguin.
Les plaquettes ont un rôle dans l’hémostase. Il y a souvent une hyperplaquettose dans les états inflammatoire chronique c'est-à-dire à long terme. Au contraire, on a une thrombopénie (moins de 150000) lors d’infection, notamment d’une infection à bacille gram -.
Les globules blancs ou leucocytes sont les cellules impliquées dans la défense immunitaire de l’organisme donc, dans la défense contre les agents infectieux. Ils vont donc présenter une modification lors d’une infection.
Dans les leucocytes, on a les polynucléaires et les mononucléaires. Dans les polynucléaires, on a les neutrophiles, les éosinophiles et les basophiles, et, dans les mononucléaires, on a les lymphocytes et les monocytes.
Les leucocytes sont définis en pourcentage donc, le pourcentage reste le même et, si le nombre de leucocytes augmente, le nombre de monocytes augmente. Dans certaines pathologies, il y a seulement un élément qui va augmenter mais, c’est rare. Dans toutes les maladies infectieuses, on a une leucocytose.
2. Vitesse de sédimentation (VS)
C’est un paramètre biologique qui permet d’apprécier, sur un échantillon sanguin qu’on prélève sur un tube contenant un anticoagulant, la vitesse horaire de sédimentation. Cela veut dire que les globules rouges vont tomber au fond du tube, et, on va avoir les globules rouges, au fond, et le sérum juste au dessus.
Cet examen est l’examen de base qui définit une inflammation.
Valeur de la vitesse de sédimentation :
Homme : 3 à 15 mm/h
Femme : 7 à 20 mm/h
Cet examen est un signe de syndrome inflammatoire car, toute infection augmente la quantité de fibrinogène et de globuline d’où une augmentation de la vitesse de sédimentation.
En tant normal, on prélève un échantillon sanguin dans un tube spécial avec un anticoagulant. Il faut du temps pour que les globules rouges tombent au fond du tube. Lors d’une infection, il y a une augmentation du taux de fibrinogène et de globuline qui accélère la vitesse de sédimentation.
De façon normale, la vitesse de sédimentation s’accélère en période digestive donc, ce prélèvement se fait à jeun, et, il faudra demander au patient s’il est à jeun.
3. La protéine C réactive (CRP)
Valeur de la protéine C réactive : < 10mg/L
C’est une protéine synthétisée par le foie et qui a un taux faible dans le sérum en tant normal mais, c’est la première protéine à augmenter et très rapidement (2h) au début d’un syndrome inflammatoire donc, c’est une protéine qui va signer une inflammation.
Son taux varie plus vite que la vitesse de sédimentation donc, c’est un examen qu’on demande rapidement. Ce n’est pas un examen spécifique d’un processus infectieux, par contre, il est spécifique à un processus inflammatoire.
La protéine C réactive est plus élevée chez les femmes enceintes et chez les fumeurs.
4. Les transaminases
Les transaminases sont :
TGP : transaminase glutamique pyruvique appelée aussi ALAT : alanine-aminotransferase
TGO : transaminase glutamique oxaloacétique appelée aussi ASAT : aspartate-aminotransferase
Ce sont des enzymes qui sont répandues dans tous les tissus et qui jouent un rôle dans le métabolisme des protéines.
La transaminase ALAT ou TGP va se trouver principalement dans le foie, et, la transaminase ASAT ou TGO va se trouver principalement dans le muscle cardiaque.
Ces 2 transaminases sont retrouvées dans le sang quand on a un processus pathologique de cytolyse (lyse des cellules) : cela peut être une lésion tissulaire ou musculaire.
Ce dosage est prescrit surtout dans le diagnostic et la surveillance des hépatites. C’est un examen pratiqué à jeun et, souvent renouvelé pour faire une courbe donc, voir une évolution du taux de ces transaminases.
5. Les sérologies
C’est l’étude des sérums et de leurs propriétés. C’est l’étude des modifications présentées par le sérum lorsqu’il y a certaines pathologies. Une réaction sérologique est le résultat de l’union spécifique d’un antigène avec un anticorps correspondant. L’antigène est un élément étranger à l’organisme, agresseur. L’anticorps est une protéine présente dans le sang, produit par les lymphocytes et qui va agir dans l’organisme contre l’agression de l’antigène.
On fait un sérodiagnostic qui consiste à mettre en évidence, dans le sérum du malade, le anticorps spécifiques d’une maladie infectieuse. Ces anticorps sont mis en évidence par leu réaction face aux antigènes.
Généralement, on effectue 2 sérologies à 10 – 15 jours d’intervalle pour voir l’évolution :
Soit on note un anticorps qui était auparavant absent : on dit qu’il y a une séroconversion. La sérologie devient positive car la personne va développer des anticorps spécifique à une maladie infectieuse.
Soit, on peut trouver toujours le même taux d’anticorps. Cela veut dire que cela correspond à soit une infection ancienne, soit à une vaccination.
Merci à aurélie L . !

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