La perception, l'observation
LA PERCEPTION, L'OBSERVATION
« L'observation naïve nous renseigne beaucoup plus sur la personnalité de l'observateur que la chose observée. »
« L'observation la plus naïve exige un savoir ordonné dans une théorie »
Par exemple, une dame de 80 ans va dire que ses voisins de 40 ans sont jeunes alors que sa petite fille de 14 ans les trouvera vieux. Autre exemple, pour la grand-mère, sa petite fille qui mesure 1m60 est grande alors que celle-ci se trouve petite.
Ces 2 exemples de la vie courante nous font prendre conscience qu'observer ne va pas de soit, pas plus que la transmission de cette observation.
Toute profession se doit de se doter d'outils afin de réaliser des observations fiables, qui rendent compte de la réalité de l'autre et non, de la sienne. Toute profession a besoin d'un code commun qui lui permette de comprendre les données.
I. La perception
C'est la psychologie sociale qui a donné le plus d'éclairage sur la perception.
1. Organiser sa perception
Nous organisons notre perception en simplifiant les informations qui sont à notre disposition. Nous cherchons à placer les autres dans des catégories. Ces repères sont précieux, ils nous permettent de prévoir certaines réactions d'où la nécessité de "simplifier" les informations dont nous disposons.
Les facteurs qui participent à l'organisation de notre perception sont : l'expérience, les motivations et le contexte social.
a) L'expérience
A partir de celle-ci, nous développons des savoirs sur les réactions possibles d'autrui.
b) Les motivations
Nous privilégions certains traits d'une personne, négligeant d'autres traits, en fonction de nos attentes.
c) Le contexte social
Dans notre société, on reproduit des images. Par exemple, la personne âgée est vue comme gentille alors qu'un jeune qui a des dreadlocks, un pantalon treillis et un sweat peut renvoyer une image négative.
2. Nos perceptions s'organisent
Nos perceptions s'organisent à partir d'une caractéristique, d'un trait que l'on peut qualifier de dominant.
Très souvent, les sentiments que nous avons persiste, sont difficiles à modifier. Nous sommes peu réceptif aux nouvelles informations qui viendraient modifier les premières impressions.
3. Nous négligeons très souvent des faits observés, le contexte
Très souvent, nous avons tendance à attribuer à la personne, la cause des événements et à négliger les aspects qui révèle du contexte. L'attribution a une causalité et, d'autant plus grande qu'il y a un consensus. Par exemple, on va se rallier souvent à la majorité ou à ceux à qui on s'identifie. Le fait qu'il y ait une explication plausible, une cause possible nous amène à écarter toutes les autres. Par exemple, dans le cas d'une enquête policière où une piste est privilégiée au détriment des autres.
4. Le rôle des préjugés et des stéréotypes
Ce sont des images "dans nos têtes" qui s'intercalent entre la réalité et notre perception. Ce sont des élaborations mentales apprises par nos parents, l'école, la vie en société. On en a tous et il faut faire avec.
5. Conclusion sur la perception et les soins infirmiers
Pour le personnel soignant
Le professionnel infirmier doit être conscient de la difficulté à réaliser une observation qui rend compte de la réalité de l'autre et non de la sienne. Comme toute profession, il doit se doter d'outils et utiliser ces outils pour rendre compte des faits.
Pour la personne malade
La personne malade, en tant qu'être social, culturel… donne un sens à ce qu'il voit, ce qu'il observe. Donc, l'image que renvoi le soignant est très importante.
II. L'observation
1. Qu'est ce qui différencie l'observation de la perception
L'observation est la capacité intellectuelle de saisir à travers ses sens les détails du monde extérieur.
La perception recouvre l'ensemble des fonctions par lesquelles l'organisme "impose" une signification aux données.
L'une s'impose et l'autre se saisit. On peut avoir une emprise sur l'observation alors que, la perception, nous ne pouvons qu'en être conscient, et, de ce fait, identifier en quoi elle peut biaiser une observation. Dans une, on parle de capacités intellectuelles et, dans l'autre, on parle d'organisme : l'une se pense et l'autre se ressent, se vit. Dans l'observation, on parle de détails, et, dans la perception, on parle de signification des données. Dans la perception, on donne du sens alors que, dans l'observation, on va chercher à détailler.
2. Définition de l'observation
L'observation est l'action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l'aide de moyen d'enquête et d'étude appropriés.
L'observation est une étape essentielle à la méthode scientifique. De plus, il y a une notion d'action, quand on est dans l'observation, on n'est pas passif.
L'observation peut être qualitative (subjectif) et/ou quantitative (chiffrable). Il faut rester au niveau des faits. Le problème est e transmettre des informations sans les interpréter et sans que l'autre puisse le faire. Il faut utiliser des mots sans équivoque.
L'observation fait appel aux 5 sens : la vue, l'ouïe, l'odorat, le toucher et le goût. Observer ne signifie pas seulement voir, il s'agit aussi d'entendre, de sentir, de toucher.
3. Observation et soins infirmiers
Le professionnel infirmier est quelqu'un qui soigne des infections. Il travaille en collaboration avec le médecin, et, il l'aide dans son diagnostic.
Le médecin va prescrire un traitement en rapport avec la pathologie soignée. Le personnel infirmier va devoir regarder si le traitement est efficace : le médecin a prescrit un traitement et il attend des améliorations. L'infirmière va l'aider pour observer l'amélioration ou, au contraire, l'apparition d'effets secondaires. C'est pour cela que l'infirmière doit avoir des connaissances pour reconnaître les signes d'une amélioration ou d'une dégradation liée au traitement.
Le professionnel infirmier a de l'intérêt pour les personnes. Il s'intéresse aux réactions du patient face au traitement, à sa maladie, à la souffrance… pour cela, il faut des outils : le vocabulaire, les 14 besoins fondamentaux, les connaissances…
a) Préalable à toute observation
· Avoir des connaissances sur ce que l'on a à observer. "on voit ce que l'on sait" : pour témoigner de son manque d'objectivité mais aussi, sur l'importance d'avoir des connaissances.
· Savoir ce que l'on cherche et pourquoi, on le cherche :
Connaître le patient sur les plans bio-physiologique, psychologique, socio-culturel…parce qu'en se centrant sur la maladie, on peut oublier la personne.
Chercher les manifestations de la maladie, l'amélioration de l'état de santé, les complications, l'efficacité du traitement…
Chercher les réactions du patient face à la maladie, à l'hospitalisation, au traitement…
· Utiliser des outils adaptés
· Déterminer les moments les plus favorables à cette observation, sa propre disponibilité
· Fixer le rythme, la durée et le lieu
b) Au moment de l'observation
· Faire preuve de rigueur c'est-à-dire prendre en compte toutes les données.
· Ne rien ajouter : s'il manque des informations, les constater seulement.
· Ne pas interpréter, il faut rester au niveau descriptif.
· Respecter le secret professionnel : il ne faut pas laisser traîner des informations sur un patient avec les renseignements de ce patient.
c) Retranscrire des informations fiables et utilisables
C'est une équipe qui s'occupe du patient donc, les retransmissions sont très importantes, et, il est nécessaire d'avoir un vocabulaire adapté et d'avoir des connaissances. Il faut rester au niveau des faits sans interpréter : il faut ajouter ou supprimer des éléments qui pourraient orienter l'appréciation d'une situation. Au niveau de la transmission, il faut être extrêmement fidèle à la réalité et il faut être dans une neutralité car les dossiers sont à la disposition du malade.
Merci à Aurélie L. !

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