Historique de la profession
HISTOIRE DE LA PROFESSION
INTRODUCTION :
L’évolution de la profession suit les grandes évolutions scientifiques et économiques. Un rapprochement se fait entre la profession et la nature féminine. Il n’existe pas de documents sur la profession avant le 17ème siècle. Jusqu’à la fin du 19ème siècle, soigner c’est un art, une vocation pratiquées par les religieuses. Aujourd’hui, l’infirmière est une professionnelle, son métier est réglé par des textes, des lois.
Nous sommes dans une culture judéo-chrétienne où la femme est vue comme mineure (Paradis perdu à cause d’Eve = aspect négatif), mais vue aussi comme pure par l ‘image de Marie.
Le rôle de la femme est producteur par l’élevage, l’éducation de enfants et sa capacité reproductrice. Son champs d’action se limite aux repas, au linge, aux enfants et soigner les malades de la famille. Tout cela sous contrôle de l’homme : père, mari, frère.
I- EVOLUTIONS DES SOINS DE L’ANTIQUITE AU XIX SIECLE
1-De l’Antiquité à la Révolution de 1789
Antiquité : le patient est dans sa famille, il n’y a pas d’institutions, et tout ce qui touche à la maladie est d’ordre surnaturel ; les médecins sont des prêtres et des magiciens.
Avènement du christianisme : le patient est soigné par des femmes qui aident le médecin, dans des structures crées et gérées par le clergé. La médecine est laïque et la maladie est sujet d’observation.
Moyen Age : les soins sont effectuées par des religieuses dans des structures appelées « Hôtel Dieu » toujours sous contrôle du clergé. Ce sont principalement les indigents qui vont dans ces hôpitaux. L’âme est le sujet principal à sauver, le patient importe peu.
X et XII siècle : les soignantes s’organisent en congrégation comme des filles de charité, des béguines et en personnel laïque. La maladie n’est pas au premier plan et certains soins ne peuvent pas être donnés. L’Eglise a le monopole total de ces institutions.
Renaissance : émergence d’une population soignante par la création d’ordres hospitaliers avec des soins techniques et des élèves en chirurgie. Apparition de la dissection et découverte de l’anatomophysiologie. Le nouvel esprit scientifique va faire avancer. Mais échec de laïcisation des institutions.
En 1633, il y a eu tentative d’une création de formation professionnelle mais c’est un échec, car la volonté de conserver le caractère religieux est trop fort.
Révolution de 1789 : Séparation de l’Eglise et de l’Etat, les hôpitaux sont dabs un état désastreux , il y a des pillages, abandon des patients, persécution des religieuses. Mais il y a un réel besoin d’un personnel qualifié, avec un meilleur contexte social, et c’est en 1790 que le recrutement ne se fait plus chez les religieuses. Emergence de la prévention, changement de la représentation de l’homme et éducation des enfants.
Les idées humanitaires émergent.
2- XIXème siècle
Conception hygiéniste :
Les hommes politiques ont besoin d’une image, comme le baron Haussmann, préfet de Paris qui veut faire de la capitale une ville moderne.
Ce siècle est fertile en découverte scientifique, le scientisme se développe ( science des éléments qui donne des réponses aux problèmes de la société avec des méthodes rigoureuses et méthodologiques). Introduction de l’anesthésie générale, de l’asepsie et de la chirurgie, mais c’est l’organe malade qui est considéré comme important, pas l’être humain.
PASTEUR et SEMELWEISS travaillent sur l’hygiène et les soins à donner aux malades.
Le personnel religieux est trop peu nombreux et laisse les soins infirmiers à des mercenaires non formés. Création de la première école en 1836. C’est aussi le retour des congrégations religieuses dans la gérance et la surveillance des hôpitaux.
Dimension politique :
Sous la 3ème république, le système sanitaire français est encore archaïque.
Mais on ne considère plus la maladie comme une fatalité. Demande massive de la population d’accès aux soins, car problèmes de santé publique majeure (tuberculose, alcoolisme, malnutrition et mauvaise hygiène).
L’Etat, pour mener à bien ses ambitions européennes, a besoin d’hommes comme masse productive et masse de guerre. La notion de solidarisme se développe avec en 1893 une loi sur l’assistance médicale gratuite pour les pauvres et qu’ils soient bien soignés.
Conception des soins :
Guerre de Crimée en 1856 : grosse perte de soldats car le service médical des armées est déplorable. Florence NIGHTINGALE (1820-1910) est appelée sur le front pour améliorer la situation. Elle a des principes pasteuriens concernant l’hygiène et les soins, aussi bien des locaux que des patients, des soins et des tenues vestimentaires. Elle arrive sur le front avec son équipe de nurses et renvoie l’ancien système. Avec peu de moyen et beaucoup d’hygiène, elle fait passer le taux de mortalité de 40% à 2%.
Conception de la maladie :
Henri DUNANT (1828-1910) qui est un humaniste, est appelé pour faire un barrage pendant la guerre d’Italie. Il voit des horreurs et a beaucoup écrit, il créé en 1863 la Croix Rouge Française.
1870 création de la 3ème république avec des nouvelles conceptions sociales qui prônent le suffrage universel, la libre association, l’instruction primaire laïque. Les services sanitaires sont réorganisés ainsi que les hôpitaux, l’instruction des femmes.
L’Etat reprend donc la gérance des hôpitaux mais ce sont toujours les bonnes sœurs qui soignent, donc création d’un corps laïque soignant. Le profil recherché est d’être soumis au médecin, être laïque mais ne pouvant pas voter, doit avoir un modeste salaire et être anti-clérical, ceci sans avoir de statut juridique précis ni de droits.
L’Assistance de Paris va dispenser des cours, mais pour cela, il faut des femmes qui sachent lire et écrire. Or les femmes soignantes ne sortent pas des hôpitaux sauf pour aller à la messe.
1899 : naissance du Conseil International des Infirmières.
II- XXème SIECLE
Le 28 janvier 1902, création d’une carrière d’infirmière reconnue, stipulant la création d’écoles ouvertes à toutes les filles. L’image de l’infirmière change alors : elle peut être religieuse ou civile, bénévole ou rémunérée, mais pas de programme d’étude officiel. Chaque Ecole à son propre programme avec une durée allant de 12 à 2 ans et un diplôme à la fin.
C’est aux Etats-Unis que la conception humaniste des soins émerge, mais c’est en 1960 qu’elle arrive en France, qui considère toujours l’organe malade avant l’être humain.
Le Docteur Anna HAMILTON qui est la première femme médecin en France. Sa thèse porte sur la dignité offensée des malades par les sévices du personnel. En 1901, elle prend la direction de la maison protestante de Bagatelle à Bordeaux. Elle y met en place tous les principes hygiénistes et humanistes.
Florence NIGNTINGALE s’en inspire.
Léonie CHAPTAL est issue d’une famille aristocratique et catholique mais ouverte à la dimension sociale et laïque. Elle va œuvrer pour un mode opératoire fonctionnel aussi bien dans le privé que dans le public, ainsi que pour une application des principes de laïcisation des hôpitaux de France.
En 1913, elle est admise au Conseil Supérieur de l’Assistance Publique où elle y apporte de nombreux rapports, dont celui en 1921, qui montre la nécessité de règlementer l’exercice de la profession en France, à cause de l’incohérence nationale.
C’est donc en 1922 que le décret est promulgué : mise en place d’une formation commune pour toutes les écoles qui dure 2 ans. Les progrès hygiénistes et les progrès médicaux s’imposent. La prise en charge de l’organe malade et pas du patient reste en toujours en vigueur.
1960 : recherche d’un modèle de soins infirmiers pour prendre le patient dans sa totalité : aux Etats Unis : Virginia HENDERSON.
Etablie 14 principes fondamentaux ayant chacun une dimension biophysiologique, psychologique et socioculturelle.
Þcf polycop : définition et liste des principes.
III- EVOLUTION RÔLE DE L’INFIRMIERE
1922 : auxiliaire du médecin, obéit et peu d’autonomie
1924 : auxiliaires du médecin
1946 : loi du 8 avril : auxiliaire médicale : ² Est considéré comme exerçant la profession infirmière toute personne qui donne habituellement, soit à domicile soit dans des services publiques ou privés d’hospitalisation ou consultation, des soins prescrits ou conseillés par le médecin.²
1947 : création du diplôme d’état de puériculture
1951 : création de la première école de cadres infirmiers.
1955 : création de la revue « Soins » dédiée aux infirmières avec des sujets sur la profession, avec un comité de rédaction et participation des professionnels.
1956 : création du certificat d’aptitude aux fonctions d’aide-soignant (répartition des tâche)
1960 : certificat pour les infirmières d’aide anesthésiste
1961 : nouveau programme qui forment les infirmières non plus comme des auxiliaires du médecin mais comme des techniciennes qualifiées.
1971 : nouvelle spécialité : infirmière en salle d’opération
1972 : nouveau programme : formation dans une nouvelle conception : éducatrice de santé
1978 : apparition de la conception de l’infirmière en tant que membre paramédical, avec un rôle sur prescription, mais un rôle propre.
1979 : la formation passe à 33 mois (directives européennes)
1992 : polyvalence : travaille en soins généraux mais aussi en psychiatrie
1993 : parution 2 décrets : actes infirmiers et règles de la profession (cf : livret bleu), qui sont inscrit depuis le 8 août 2004 dans le Code de la Santé Publique.
2006 : 21 décembre : ordre national des infirmiers
A venir : tous les décrets d’application sur la création de l’ordre, et tout ce qui concerne le VAE (validation des acquis de l’expérience) : toute personne ayant une a activité dans le domaine précis mais n’ayant pas de diplôme, peut prétendre à ce diplôme selon l’expérience. Aujourd’hui il y a 3 VAE : aide-soignante, puériculture et préparation en pharmacie.
Merci à Yannick M.!

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